
Une option binaire est un produit financier dont le rendement est soit un montant fixe, soit rien du tout, selon qu'une condition est remplie ou non à l'échéance. On distingue les formes « cash-or-nothing », qui versent une somme fixe, et « asset-or-nothing », qui livrent un actif.
L'acheteur prend position sur le sens de variation d'un actif, hausse ou baisse, sur une durée très courte, souvent de quelques minutes à quelques heures. À l'échéance, soit la condition est remplie et il perçoit un gain prédéfini, soit elle ne l'est pas et il perd la totalité de sa mise.
Contrairement aux options classiques, il n'y a pas de combinaison entre le prix et la durée : le résultat est binaire, tout ou rien. C'est cette simplicité apparente qui a fait le succès commercial du produit, et c'est aussi ce qui l'a rendu problématique.
C'est le point essentiel de cette page. En 2018, l'Autorité européenne des marchés financiers a interdit la commercialisation, la distribution et la vente d'options binaires aux clients de détail dans l'Union européenne. La France a ensuite pérennisé cette interdiction dans son droit national.
Les motifs invoqués sont documentés : structure du produit défavorable à l'investisseur, espérance de gain négative, conflit d'intérêts, l'opérateur étant souvent la contrepartie de son client, et donc gagnant quand celui-ci perd, , durées très courtes favorisant un comportement de jeu, et pertes constatées chez la très grande majorité des clients.
Depuis 2016, la publicité pour ces produits était déjà interdite en France par la loi. Toute offre d'options binaires adressée aujourd'hui à un particulier en France est donc illicite, sans exception.
Les autorités de contrôle publient régulièrement des listes noires de sites non autorisés, et le scénario des fraudes est constant.
Un premier contact par publicité en ligne, par réseau social ou par appel téléphonique. Une promesse de rendement élevé et rapide, parfois appuyée sur de faux témoignages ou l'usurpation du nom d'une personnalité. Un premier versement modeste, suivi d'un gain apparent affiché sur une interface, ce gain n'existe pas, l'interface est simulée.
Viennent ensuite les incitations à verser davantage, un « conseiller » particulièrement disponible, puis l'impossibilité de retirer les fonds, avec des prétextes successifs : frais, taxes, vérification d'identité.
Une variante fréquente intervient après : de faux cabinets de recouvrement contactent les victimes en promettant de récupérer les sommes, contre paiement. C'est une seconde escroquerie visant les mêmes personnes.
Trois vérifications gratuites, en quelques minutes. Le prestataire est-il inscrit au registre officiel des agents financiers tenu par la Banque de France ? Figure-t-il sur les listes noires publiées par l'Autorité des marchés financiers et l'Autorité de contrôle prudentiel ? Et le site présente-t-il des mentions légales complètes avec une adresse vérifiable ?
Aucune de ces vérifications ne prend plus de 10 minutes, et elles suffisent à écarter l'immense majorité des offres frauduleuses.
Cesser immédiatement tout versement. Conserver l'ensemble des échanges, des relevés et des captures d'écran. Faire opposition auprès de sa banque et signaler l'opération. Déposer plainte. Et signaler le site à l'Autorité des marchés financiers, qui dispose d'une plateforme dédiée, ainsi qu'au dispositif public de signalement des contenus illicites.
Ne jamais répondre à une proposition de récupération des fonds contre paiement : il n'existe aucun service légitime fonctionnant ainsi.